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Les Belges à l'ère de l'IA générative

L'IA générative n'est plus une curiosité technologique : elle s'installe dans le quotidien des Belges, dans leurs recherches, leurs décisions d'achat et leurs méthodes de travail. Mais à quelle vitesse ? Pour quels usages ? Avec quel niveau de confiance ?

Pour le savoir, PingPrime.ai et Semactic ont commandé une enquête à IntoTheMinds, cabinet d'études belge spécialisé dans l'analyse comportementale. Plus de 1 300 personnes ont répondu : 1 001 particuliers représentatifs de la population belge, et 312 professionnels actifs en marketing, communication, ventes, formation et management.

Voici les enseignements clés de cette première grande photographie belge des usages de l'IA générative.

1. Deux Belges sur trois utilisent déjà l'IA générative pour leurs recherches

67 % des Belges interrogés déclarent utiliser ChatGPT, Copilot, Gemini, Perplexity ou un autre outil d'IA générative au moins occasionnellement dans leurs recherches en ligne. Un chiffre qui place l'IA générative au troisième rang des canaux de recherche — derrière les moteurs traditionnels (82 %) et les réseaux sociaux (70 %), mais déjà devant les plateformes vidéo, l'encyclopédie en ligne ou les sites de presse.

Chez les 18-34 ans, le taux d'usage régulier de l'IA générative grimpe à 76 % — soit plus que les réseaux sociaux dans cette tranche d'âge. Une rupture générationnelle nette : pour la génération qui entre aujourd'hui sur le marché du travail, l'IA n'est plus un canal alternatif, c'est un réflexe.

À l'inverse, chez les 55 ans et plus, l'IA générative ne convainc encore que 17 % des utilisateurs réguliers, loin derrière Google (80 %) ou Wikipédia (26 %).

2. Les AI Overviews : un format déjà adopté, sans toujours être identifié

61 % des Belges déclarent avoir déjà remarqué ou utilisé les résumés générés par IA en haut des pages de résultats de Google (les fameux AI Overviews). Chez les 18-34 ans, ce chiffre atteint 78 %.

Plus frappant encore : parmi ceux qui les utilisent, 74 % estiment que le résumé suffit souvent à répondre à leur question, et 77 % apprécient le format. Autrement dit, une part croissante des internautes ne clique plus sur les liens — ils consomment directement la réponse de l'IA.

Pour les marques et les éditeurs, cela change tout : la visibilité ne se joue plus uniquement sur le classement Google, mais sur la capacité à être cité, repris et résumé par les modèles d'IA.

3. Pour quoi les Belges utilisent-ils l'IA générative ?

Parmi les utilisateurs d'IA générative, les usages se concentrent autour de quatre besoins :

  • Informations générales et culture générale (68 %)
  • Conseils pratiques du quotidien : voyages, cuisine, santé, bien-être (53 %)
  • Aide aux études et apprentissage (39 %)
  • Création personnelle : textes, posts, lettres (39 %)

L'achat de produits arrive en queue de liste — mais avec un signal fort : 36 % des répondants reconnaissent avoir déjà pris une décision d'achat basée uniquement sur une recommandation d'IA. La frontière entre recherche d'information et décision commerciale s'efface.

4. La recherche devient conversationnelle

Près de 3 Belges sur 4 formulent désormais leurs requêtes en langage naturel — soit en phrases complètes (37 %), soit en alternant mots-clés et phrases selon le contexte (38 %). Chez les 18-34 ans, le réflexe conversationnel est déjà majoritaire (39 % phrases complètes, 40 % en mode hybride).

À cela s'ajoute la recherche vocale : 50 % des Belges l'utilisent au moins occasionnellement, principalement à la maison ou pour gagner du temps. Chez les jeunes adultes, ce chiffre monte à 73 %.

La requête type n'est plus une suite de mots-clés : c'est une question. Et de plus en plus souvent, c'est une conversation.

5. La confiance progresse — mais reste prudente

69 % des utilisateurs déclarent faire confiance, modérément ou fortement, aux réponses générées par l'IA. Chez les 18-34 ans, ce chiffre grimpe à 74 %.

Mais cette confiance s'accompagne de signaux contradictoires :

  • 46 % reconnaissent que l'IA les pousse à moins vérifier leurs sources
  • 39 % estiment qu'elle les influence sans qu'ils en aient toujours conscience
  • 58 % disent qu'elle simplifie leur prise de décision
  • 64 % refusent encore de baser un achat important uniquement sur une recommandation IA

Ce qui motive l'usage de l'IA, ce n'est d'ailleurs pas en priorité l'exactitude. Quand on demande aux utilisateurs ce qui les pousse à choisir l'IA générative, ils citent avant tout :

  1. La clarté de la formulation (53 %)
  2. La pertinence des réponses (46 %)
  3. La rapidité (45 %)
  4. La capacité à comprendre la question (45 %)
  5. L'exactitude des réponses (43 %)

L'exactitude n'arrive qu'en cinquième position. Le critère dominant, c'est la fluidité de l'expérience.

6. En entreprise : un usage massif, mais encore peu structuré

Côté professionnels, 87 % des répondants utilisent l'IA dans le cadre de leur travail (49 % de manière régulière, 38 % de manière intensive). Les usages les plus fréquents :

  • Traduction et relecture de textes (49 %)
  • Recherche et synthèse d'informations (46 %)
  • Rédaction d'e-mails et assistance à la communication (39 %)
  • Automatisation de tâches répétitives (36 %)

Mais l'intégration en entreprise reste à construire. Seules 14 % des entreprises ont fortement intégré l'IA dans leurs processus, et 31 % des collaborateurs déclarent n'avoir reçu aucune formation ni aucun accompagnement structuré.

Les freins identifiés : la confidentialité des données (37 %), le doute sur la fiabilité (35 %) et le manque de formation (27 %).

Et pourtant, 83 % des professionnels prévoient d'augmenter leur usage de l'IA dans les années à venir. Le potentiel d'appropriation reste largement devant nous.

7. Vers un nouveau paysage de la visibilité en ligne

L'étude met en lumière un basculement : les internautes cliquent moins, mais conversent davantage. Pour les marques, cela signifie qu'il ne suffit plus d'être bien classé dans Google — il faut désormais être compris, cité et recommandé par les intelligences artificielles.

C'est tout l'enjeu du Generative Experience Optimization (GEO) : structurer son contenu, ses données et son positionnement pour exister dans les réponses générées par ChatGPT, Perplexity, Gemini ou les AI Overviews de Google.

La bataille de la visibilité ne se joue plus uniquement sur la première page de Google. Elle se joue dans la réponse — celle que l'IA construit à la place de l'utilisateur.

En chiffres : ce qu'il faut retenir

  • 67 % des Belges utilisent l'IA générative au moins occasionnellement
  • 76 % des 18-34 ans en font un usage régulier
  • 61 % ont déjà remarqué les AI Overviews (78 % chez les jeunes)
  • 36 % ont déjà acheté un produit suite à une recommandation IA
  • 69 % font confiance aux réponses de l'IA
  • 53 % : la clarté est le critère n°1, devant l'exactitude (43 %)
  • 87 % des professionnels utilisent l'IA au travail
  • 83 % comptent augmenter leur usage dans les années à venir

À propos de l'étude

L'enquête « Les Belges à l'ère de l'IA générative » a été réalisée en 2025 par IntoTheMinds à la demande de PingPrime.ai et Semactic.

Elle repose sur un double échantillon représentatif :

  • 1 001 particuliers belges âgés de 18 à 65 ans, interrogés en ligne selon la méthode des quotas (sexe, âge, région, niveau d'éducation)
  • 312 professionnels issus d'entreprises de toutes tailles (TPE, PME, grands comptes), actifs dans le marketing, la communication, les ventes, la formation et le management

Marges d'erreur : ±3 % pour le grand public, ±5 % pour l'échantillon professionnel.

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Vous souhaitez aller plus loin ? L'étude complète détaille l'ensemble des résultats par tranche d'âge, par région et par secteur d'activité, avec tous les graphiques et croisements.

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